SORORE ENSEMBLE

January 13, 2020

 

 

J'avais un rêve ...

J'avais un rêve ...

J'avais un rêve ... et peut-être qu'il est temps de le réaliser.

 

***

 

Depuis quelques années, je suis coiffée par une femme qui me réalise des tresses.

C'est la meilleure coiffeuse que j'ai jamais connue.

Elle réalise un travail d'orfèvres.

 

Au fil des années et à mesure de mes visites, j'ai appris à mieux la connaitre, au-delà de lui confier "ma tête" une fois par mois, nous avons commencé à nous connaitre et elle m'a parlé des conditions dans lesquelles elle vit et travaille.

 

Je ne suis évidemment pas naïve.

Je suis consciente des difficultés économiques et sociales que certaines personnes traversent quotidiennement pour être connectée aux réalités et difficultés.

 

Je connais ce que sont les fins de mois difficiles, la crainte de ne pas pouvoir payer son loyer et voir les dettes s'accumuler et de se retrouver sans emploi pendant de nombreux mois.

 

J'ai moi-même traversé, il y a quelques années, une période financière compliquée.

Fin 2013, je suis licenciée et c'est à peu près à cette période que j'apprends que je suis enceinte (si je l'avais appris avant, j'aurais pu être salariée protégée et bénéficier d'une protection liée à mon état)...

Ma situation administrative auprès de Pole Emploi a pris du temps à se régulariser (perte de mes justificatifs par les services de Pole Emploi) et ce n'est qu'au bout de 6 mois après mon licenciement que j'ai pu être indemnisée.

 

Pendant ces 6 mois, j'ai dû rechercher du travail en étant enceinte.

Tâche complexe car de nombreux employeurs sont réticents à embaucher une personne dans cet état.

J'arrive (en dissimulant mon état) à obtenir un CDD de trois mois qui me permet de subvenir à mes besoins alimentaires, financiers et médicaux, étant donné la défaillance de Pole Emploi.

 

Je n'avais pas d'argent de côté et les retards dans le paiement de mon loyer et autres factures ne se sont pas faits attendre et sans trop vous laisser imaginer, c'est à ce moment là que la spirale commence.

Le point positif c'est que je suis parvenue à rebondir ... ma fille est née, j'ai pu bénéficier de plusieurs mois à être indemnisée par Pole Emploi après mon congé légal de maternité (16 semaines) et j'ai ensuite repris une activité professionnelle.

 

Pour en revenir à la personne qui me coiffe et qui me confie ses difficultés quotidiennes, je me sens impuissante et concernée.

Et en plus de ce sentiment d'impuissance, je ressens un sentiment de culpabilité du fait de participer à un système qui, au lieu de contribuer à l'émancipation des Femmes, participe à organiser leur précarité.

Je me sens responsable de participer, même de façon infime, à un système par le simple fait de la faire travailler dans les mêmes conditions qui la précarisent.

 

Je suis consciente que je suis privilégiée : je suis éduquée, je suis en capacité de trouver un emploi dans mon domaine professionnel où je cumule de l'expérience.

 

Me vient alors la réflexion que la culpabilité et le sentiment d'impuissance sont inutiles, s'ils ne sont pas transformés par des moyens d'action et de solidarité.

Bien souvent, lorsque l'on rencontre des difficultés financières, nous sommes souvent seul.e.s et nous vivons de surcroît dans des sociétés capitalistes et validistes qui, d'une part stigmatisent énormément les personnes précaires et d'autre part ne leur offrent que très peu de solutions alternatives et durables pour que ces personnes puissent s'en sortir.


Au moment, où je traverse cette période d'inactivité après mon licenciement, j'aurais aimé être informée des démarches qui étaient à ma portée afin d'éviter que ma situation s'aggrave :

 

- être en contact avec une assistante sociale;

 

- négocier mon découvert avec la banque; je ne l'apprends à personne, mais le système bancaire est fait de telle sorte que lorsqu'il arrive des difficultés financières, les établissements bancaires ne sont d'aucun secours (interdit bancaire, confiscation des moyens de paiement, découvert, agios, impayés, fermeture de compte) ... ;

 

- pouvoir faire appel à une chaîne de solidarité et d'entraide.

 

 

Quelques informations tirées de mon expérience :

 

- Les assurances perte d'emploi qu'on peut souscrire au moment de l'ouverture d'un crédit à la consommation ou d'un bien crédit immobilier excluent certaines formes de perte d'emploi comme : la démission et/ou les ruptures conventionnelles.

Ces assurances ne peuvent pas être contractées plusieurs fois (selon les compagnies) au cours de sa vie professionnelle.

 

Les accidents de la vie comme, la maladie, les décès et les ruptures sont des événements qui mènent à la précarité et surtout celle des individus femmes.

En cas de séparation ou de divorce, le niveau économique des Femmes chute de 22%, contre 3% pour les hommes, tout en rappelant que les Femmes sont rémunérées autour de 20% de moins que les hommes en France.

 

- Au moment de la souscription de certaines assurances, un questionnaire médical est obligatoire et exclut certaines maladies et affections.

 

 

 

Vous me direz mais pourquoi je parle de cela car ce sont des informations dont on a connaissance que lorsque l'on se retrouve confronté.e à certaines situations :

 

- je souhaite que tout.e.s puissions bénéficier du même niveau d'information;

 

- je souhaite aujourd'hui créer un lieu d'ECOUTE, d'ENTRAIDE, de REPRÉSENTATION, et d'ACTION entre FEMMES;

 

- je souhaite briser l'isolement dans lequel certaines personnes vivent en offrant un espace de vie, écoute et d'activités qu'elles soient artistiques, sportives ou de bien-être.

 

C'est pourquoi, je crée l'association SORORE ENSEMBLE afin :

 

- d'ouvrir des espaces de paroles;

 

- d'informer de façon générale sur la condition féminine (vie sociale, économique, famille, sentimentale et sexuelle;

 

- de participer à une juste représentation des personnes qui s'identitient comme Queer ou appartenant à la communauté LGBTQIA++;

 

- d’accueillir les expériences et le parcours des familles mono-parentales et/ou homoparentales;

 

- de dispenser des conseils juridiques et aider dans des démarches administratives.

 

L'ASSOCIATION SORORE ENSEMBLE croit que savoir que l'on a des droits permet de pouvoir les revendiquer.

 

L'ASSOCIATION SORORE ENSEMBLE croit que savoir qu'il existe des espaces et/ou des structures où la parole est accueillie participe à réduire l'isolement.

 

L'ASSOCIATION SORORE ENSEMBLE croit en l'émancipation de chacun.e par le partage de parcours et l'écoute.

 

Je rêve éveillée de pouvoir réaliser cet ambitieux projet par nous et pour nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

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