Unbelievable ... Hantée [TW]

October 4, 2019

 

 

Je me suis réveillée un matin hantée !

 

J’ai regardé sur Netflix la série « Unbelievable » et cela me hante !

 

Cela me hante car cette série traite des violences physiques et sexuelles faites aux Femmes, du traitement policier et juridique de ces affaires plus particulièrement aux US, le SPT (Syndrome Post Traumatique), le soutien et les réparations !

 

Ce sujet des violences et en extension des traumatismes (sociaux) qui en découlent sont des sujets que je porte de toutes mes forces !

Je les porte car dans mon engagement féministe tant que près de 130 Femmes mourront en France de violences, je ne serai pas tranquille !

Je le porte car l’image du féminisme qui ne voudrait combattre seulement pour l’égalité salariale ne me convient pas et n’est pas suffisante dans la mesure où les violences sexuelles, sexistes, physiques sont susceptibles d’être vécues par presque tous les individus féminins au cours de leur vie !

 

Je ne trouve pas que cela ressemble à de l'Egalité !

 

Je les porte car je suis solidaire de toutes personnes qui les auraient traversé et enduré ces épreuves.

 

Je trouve que nous ne faisons pas assez dans le traitement de l’après... du soutien ... des antennes d’accueil ce qui rend les violences puissantes et faisant partie d’un système insurmontable !

Puis, le victim blaming est vraiment une pratique TROP courante ! Vraiment trop !

Même quand les faits sont passés, il est souvent et implicitement demandé aux victimes de se taire, de passer à autre chose !

 

Dans l’actualité de septembre 2019, Sandra Muller, la créatrice du hastag #balancetonporc a été condamnée pour diffamation à l’encontre de la personne qu’elle dénonçait !

C’est un verdict insupportable mais qui dit tellement sur la question du traitement des violences faites à l’égard des Femmes !

 

Ce sujet des VIOLENCES est important pour moi, et ce n'est pas par opportunisme qu'il est d’ailleurs le fil conducteur de mon blog, c’est un sujet qui touche toutes les sociétés et qui m’a touchée à plusieurs reprises.

 

Donc... encore un matin, je me suis réveillée hantée !

 

 

 

 

UNBELIEVABLE

 

Unbelievable c'est le titre de la série Netflix sortie en septembre 2019.

J'interprète le titre de cette série de deux manières : Tout d'abord par celle que l'on ne croit pas et également par Impensable (incroyable).

 

On a toujours beaucoup de mal à imaginer que de telles violences puissent exister à l'encontre des Femmes, pourtant elles sont belles et bien réelles et elles font de nombreuses victimes quotidiennement et ce à travers le monde !

 

La série Unbelievable est juste et sobre.

Elle s'ouvre cependant sur une scène de viol très explicite qui peut heurter la sensibilité des personnes les plus jeunes et les personnes dont les scènes explicites et violentes peuvent choquer.

 

Je trouve que c'est une série qui peut servir de support éducatif :

 

- car elle donne des chiffres précis (même si les chiffres qui sont donnés sont des chiffres à l'échelle américaine) qui donnent une réalité et une résonance sur ce que représentent quantitativement les violences commises à l'égard des Femmes.

 

- le.la spectateur.trice assiste à l'enquête judiciaire qui prend des années pour se résoudre et assiste au dénouement (mise en accusation, procès et sentence) de l'auteur des faits !

 

- le traitement de l'erreur judiciaire et des recours qu'il existe pour les personnes qui en sont les victimes et les réparations qui y sont attachées.

 

Spoiler : la série est adaptée de l’histoire vraie d’une adolescente de 18 ans accusée par la police et par ses proches d'avoir inventé son viol. Deux ans après son agression, deux inspectrices se retrouvent sur la piste d’un violeur en série et font tardivement le lien avec son témoignage.

 

Cela fait du bien de voir une série où c'est la perspective féminine qui est palpable aussi bien derrière que devant l'écran sur ce sujet du viol et des violences sexuelles.

 

Les Femmes tiennent une vraie place et j'ai ressenti le sexisme dont elles peuvent être l'objet qu'elles soient en charge d'une enquête ou bien plaignantes.

 

Nous vivons, je le rappelle, dans la culture du viol et du victim blaming qui induit que les personnes qui sont victimes et qui subissent des agressions en sont responsables !

 

Je trouve intéressant et soulageant que le récit des victimes n'est jamais remis en cause par les protagonistes féminins et que même elles prennent grand soin dans leurs postures et dans les mots choisis à l'égard des victimes.

Le fait que l'enquête soit menée par deux Femmes montrent ici qu'elles y ont mis plus d'implication dans la résolution de l'affaire, tandis que les personnages masculins sont montrés plus en dilettante et moins intéressés et touchés au regard des différents témoignages qui sont faits au cours des épisodes.

 

 

Syndrome Post Traumatique / statut de victime :

 

Sans vraiment être nommé, il est aussi question du syndrome post traumatique dans cette série.

 

Qu'est ce que le Syndrome Post Traumatique : Il s’agit d’un trouble anxieux sévère qui apparaît à la suite d’un événement traumatique qui a pu exposer, certaines fois, la victime à la mort.

La personne qui présente un stress post-traumatique peut être la victime elle-même de l'événement ou bien le témoin d'une catastrophe ayant concerné de nombreuses victimes (attentats, accidents).

 

Nous vivons dans des sociétés extrêmement validiste et qui affectent donc la manière dont les personnes vivent et traversent un traumatisme.

Nous avons l'obligation d'être des humain.e.s performant.e.s et capables, même dans les situations les plus graves !

Nous aimerions tout.e.s vivre dans un monde sûr et réaliser que certaines personnes sont touchées par des tragédies, des drames et des crimes est un rappel douloureux que nous ne vivons pas dans ce monde là !

 

Pour que le traumatisme soit correctement pris en charge, il faut pouvoir surmonter le dégoût naturel à faire face à nos réalités capitalistes, validistes, sexistes, paternalistes, racistes, lgbtphobes ...

Pour faire face à ces réalités qui touchent de nombreuses personnes, il faut avoir le courage d'écouter le récit des personnes qui en témoignent et qui sont des survivantes.

 

Pour en revenir à la série, il y a une discussion sur le statut ou non de victime.

Une des plaignante peine à obtenir ce statut.

Personne ne veut la croire, elle se retrouve isolée et n'est donc pas correctement prise en charge que ce soit par ses proches ou par des professionnels.

Ce qui a des conséquences sur ses rapports sociaux et qui conduisent à son isolement.

 

Il a été prouvé que pour espérer aller mieux après vécu un traumatisme que la personne qui en a été victime a besoin d'être entourée et a besoin de rapports sociaux lui permettant de surmonter cette épreuve.

Pour guérir et apaiser le traumatisme, il est important d'avoir un bon réseau de soutien.

Pour espérer aller mieux, les personnes traumatisées ont besoin de sentir qu'elles évoluent en milieu sûr.

Si les personnes dont on recherche le soutien sont rejettantes, violentes et non réceptives, la personne traumatisée finit par s'isoler, s'enfermer et n'arrive pas à trouver les espaces dans lesquels elle peut se confier.

 

Cela peut aussi mener à ce que la personne traumatisée se mettent à avoir des conduites dangereuses pour elle-même, ainsi que pour son entourage (un exemple, une autre personne victime voit sa relation avec son petit ami se terminer pendant cette épreuve et elle se met à avoir des comportements dangereux par la suite pour elle).

 

Un traumatisme non résolu peut avoir des conséquences graves sur la vie de la personne qui le vit mais aussi de son entourage car tout le monde s'en voit affecté.

Les stratégies de survie mises en place retardent la guérison alors que le facteur de la confiance est l'un des plus important pour espérer la résilience et la réparation.

 

Dans la série, si l'on ressent cette impression c'est parce qu'il existerait le profil "de la bonne et de la mauvaise victime".

Cette binarité si constante dans nos sociétés (le bon et le mauvais, le méchant et le gentil, le héros et l'ennemi) ...

On s'aperçoit que selon ce mythe de la "bonne victime" les personnes qui n'embrasseraient pas ce mythe en seraient exclues.

 

Ce que l'on voit au travers de la série, c'est que le personnage dont le témoignage a été mis en cause et invalidé reprend confiance quand les deux enquêtrices valident son statut de victime et valident son agression grâce aux preuves finalement découvertes.

Aussitôt, elle reprend confiance et cela lui donne le courage de briser son isolement, d'aller vers la reconnaissance de son statut de victime, de confronter les personnes qui ont mis en doute son récit et demander la réparation dont elle a droit !

Le travail de la réparation et de la guérison n'est pas un travail qui peut se faire seul.e !

Et dans cet accompagnement, la réponse de la société comporte des lacunes en raison notamment du victim blaming, de la culture du viol,  de la mauvaise gestion du syndrome post traumatique et des préjugés !

 

 

La réparation :

 

Un des derniers sujets importants traités dans la série est le sujet de la réparation.

Nous assistons à l'enquête judiciaire, la recherche de l'auteur des crimes, la mise en accusation et le verdict.

 

Concernant les affaires de violences sexuelles, il m'est utile de rappeler qu'en France :

 

- moins de 5% des victimes portent plainte;

- moins de 2 % des viols aboutissement à une condamnation en Cour d'Assises;

- 90 % des plaintes sont classées sans suite;

- en 2018 selon les statistiques du Ministre de l'Intérieur les plaintes pour viols ont augmenté de 17% et de 20% pour les plaintes pour agressions sexuelles.

 

Ces chiffres sont la traduction de la réelle défiance qu'ont les victimes envers la réponse et la solution judiciaire et juridique.

 

Il est très courant que le parcours pour obtenir le statut de victime soit long et fastidieux.

Dans la série Unbelievable, ce parcours est bien relaté et y est décrit par une erreur judiciaire qui a été dommageable pour la victime.

 

L’incompétence relevée quasi constante dans le traitement des plaintes au sein des commissariats concernant les victimes de violences masculines est souvent relevée : plaintes non reçues, agents de police condescendants et non formés.

Ces mauvaises conditions d'accueil ont pour conséquences que les victimes sont découragées dans leurs démarches, les procédures sont longues et humiliantes et parfois sont classées sans suite.

 

Ce sont des démarches qui prennent du temps et coûtent de l’argent : porter plainte contre son agresseur, coûte sur le plan financier (frais de justice, avocat), et les personnes victimes ont souvent des situations financières plus précaires dues à la rupture sociale, le chômage et l'isolement causé par le traumatisme.

 

Moralement, ce sont des situations qui pèsent et qui nécessitent une thérapie auprès d’un.e professionnel.le pour le suivi et le soutien mental et moral.

 


LA RÉPARATION :

 

- Peut être financière et juridique comme dans la série mais peut aussi être humaine.

- Concevoir qu'il faut garder espoir en la guérison et la résilience.

- Avoir l'espoir que des personnes se battent pour la reconnaissance et la visibilité de ces combats et des victimes et se mobilisent dans le suivi leur prise en charge et de réfléchir à des méthodes et des moyens qui contribueraient à réduire les statistiques.

- Avoir l'espoir d'une meilleure éducation, d'une prise de conscience générale et la sensibilisation sur les sujets des violences sexuelles et conjugales.

- Ces faits soient documentés par les récits des survivant.e.s.

 

 

 

 

***

 

 

Rappel juridique français : 

 

violence : La violence au sens du droit civil, est l'acte délibéré ou non, provoquant chez celui qui en est la victime, un trouble physique ou moral comportant des conséquences dommageables pour sa personne ou pour ses biens.

 

Au sens pénal, les violences sont l’ensemble des infractions pénales ou circonstances aggravantes constituant une atteinte à l’intégrité des personnes (Articles 222-7 et suivants du Code pénal).

 

violence physique : La violence regroupe tous les actes portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique de la personne. 

Une violence physique désigne l’acte par lequel une personne (= l’agresseur) porte atteinte à l’intégrité physique d’une autre personne (= la victime). 

La violence physique suppose le contact physique entre l’agresseur et sa victime.

La violence physique est sanctionnée par le Code pénal. On parle d’agression physique lorsque l’acte de violence physique est brutal, non provoqué et soudain.

 

atteinte à la personne : Les atteintes à la personne désignent toutes les formes d’infractions qui ont pour motivation ou pour effet de porter atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’autrui. Exemples : violences, viol, harcèlement, homicide, etc.

 

Les atteintes à la personne sont divisées en deux catégories :

  • Les atteintes au corps d’autrui : violences, viol, torture, homicide, harcèlement moral et sexuel…

  • Les atteintes à la dignité et à l’honneur d’autrui : diffamation et autres atteintes à la vie privée, discrimination, abus de faiblesse…

agression sexuelle : Une agression sexuelle est une atteinte à l’intégrité physique et/ou psychique de la personne. 

Le viol, le proxénétisme, l’exhibition sexuelle ou le harcèlement sexuel sont des infractions relevant de la catégorie générale des « agressions sexuelles ».

Certaines agressions sexuelles sont des crimes, comme le viol par exemple, d’autres sont assimilées à des délits, comme le proxénétisme ou l’exhibition sexuelle.

 

Le viol : est un crime et appartient ainsi à la catégorie des infractions les plus graves. 

Le viol est défini dans le Code pénal à l’article 222-23. Il désigne « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol ».

Le viol se traduit forcément par une pénétration sexuelle et implique une absence de consentement de la part de la personne violée. Le viol est la forme d’agression sexuelle la plus grave. Il est puni de 15 ans de prison, et de 20 ans de prison dans certains cas (viol conjugal, viol sur mineur, viol collectif…).

Le délai pour porter plainte en cas de viol est de 10 ans et des associations féministes se battent pour qu’il n’existe plus de prescription (délai pour pouvoir agir).

Ce délai est doublé si la victime était mineure au moment des faits.

 

Viol => les sanctions pénales encourues

Le viol est un crime passible de 15 ans de prison. 

Les sanctions atteignent 20 ans de prison en cas de circonstances aggravantes :

  • Lorsque le viol est commis sur un mineur de moins de quinze ans (pédocriminalité) ou sur une personne vulnérable.

  • Lorsqu’il est commis sur le conjoint (concubin, époux/se, partenaire de pacs). On parle dans ce cas de viol conjugal.

  • Lorsque le viol entraîne une mutilation ou une infirmité.

  • Lorsque le viol est commis avec une arme.

  • Lorsque le viol est commis au motif de l’orientation sexuelle de la victime.

  • Lorsqu’il est commis sur plusieurs personnes.

  • Lorsque le viol est commis par un ascendant (viol incestueux) ou une personne disposant d’une autorité de droit ou de fait sur la victime.

Si le viol entraîne le décès de la victime, la peine prévue est de 30 ans de réclusion criminelle. 

Si l’acte de viol est précédé, accompagné ou suivi d’actes de torture ou de barbarie, la sanction est la réclusion criminelle à perpétuité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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