Me too ... Nous toutes ... Même pas peur ... [TW]

March 27, 2019

 

 

 

J'étais censée revenir sur le blog avec un article qui parlerait de ma vie de Femme qui multiplie les casquettes de Maman x2, d'Entrepreuneure, de Salariée, de co-fondatrice d'association, d'amoureuse et de comment j'essaie de conjuguer le tout au quotidien.

 

Seulement, encore une fois, l'actualité et le climat ambiant me pousse à aborder le sujet plus que délicat des violences et des crimes sexuels.

 

Cet article sonnera sûrement comme un article où je mets les points sur MES "i" et les barres sur MES "t".

 

Il m’apparaît comme une nécessité de l'écrire et de le publier ... une nécessité presque vitale !

 

***

 

"Me too "depuis octobre 2017 ...

"Nous toutes" suite à la mobilisation féministe de novembre 2018 à Paris ...

"Même pas peur" suite au Festival Fespaco au Burkina Faso en 2019 ...

 

Nous sommes aussi au mois de mars, le mois consacré au mois qui "célèbre" les droits des Femmes.

 

Par le mois du droit des Femmes, j'entends le fait pour les Femmes de pouvoir revendiquer leurs sexualités (leur liberté sexuelle par exemple en matière de droit reproductif), leur liberté de s'exprimer comme elles le souhaitent et de disposer de leurs corps pleinement et de pouvoir jouir des mêmes droits humains que ceux dont jouissent les hommes, d'une meilleure représentation, les Femmes sont deux fois moins représentées que les hommes dans les médias, alors quand on est une Femme noire je ne vous en parle même pas !

 

Malgré ce mois de mars qui devrait être dédié à la célébration des droits acquis par les femmes, ces dernières semaines, je n'ai pas pu m'extraire à l'actualité concernant les violences commises à l'encontre des Femmes.

 

Par exemple, sur Facebook, je suis la page d'un groupe qui recense les féminicides (assassinats spécifiquement à l'encontre des Femmes) pour dénoncer le traitement de ces crimes et l'indifférence sociale concernant les violences conjugales.

A l'heure où j'écris, le décompte est de 36 Femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.

 

Il est important de noter que 70% des Femmes dans le monde sont victimes de violences au cours de leur vie, que ces violences sont le plus souvent exercées par une personne connue par la personne victime et que le risque est accru pour les Femmes âgées de 15 à 44 ans !

 

J'écris cet article car avec l'actualité brûlante concernant R.Kelly, le dernier reportage sur M.Jackson, les dénonciations de sœurs à l'encontre de prêtres et le refus de la démission de Mgr Barbarin par le Pape François et les commentaires et le traitement médiatique qui en découle.

 

Voir et constater la manière dont est traitée la question des violences physiques, les crimes conjugaux, la pédocriminalité (je me refuse à utiliser le terme pédophile qui est pour moi aux antipodes de ce qu'est cette violence à l'égard d'enfants et adolescent.e.s) et les viols dans les médias et sur les réseaux sociaux et même entre proches ne fait que me prouver que nous sommes encore malheureusement pas respectueux.ses de la gravité de ces faits !

 

De concernée qui ne prenait pas part aux débats, je suis devenue depuis quelques mois une personne qui Parle, qui Prononce, qui Partage car il me semble essentiel et nécessaire aujourd'hui de rétablir la vérité sur ces sujets ... ma vérité !

 

Je suis extrêmement peinée de constater comment ces sujets sont traités avec imprécision, avec peu d'égard pour les personnes victimes.

Ces sujets dans les tribunes journalistiques sont confiés à des personnes qui ne mesurent pas l'importance des mots utilisés et ne sont suffisamment pas formé.e.s pour pouvoir utiliser les termes suivant : "crime passionnel", "drame familial", "coup de folie" et j'en passe !

 

Nous parlons ici de crimes et le code pénal et le code civil sont clairs quand il s'agit de donner la définition d'un crime !

 

 

Je milite évidemment en faveur du fait que les sujets des Violences (physiques, sexuelles, pédocriminalité) soient vulgarisés cependant je souhaiterais que ces sujets soient abordés :

 

- de façon justes,

- en évitant la culpabilisation des personnes victimes,

- en respectant l'expérience traumatique des personnes qui traversent ces situations.

 

Malheureusement, ce n'est pas ce que je vois !

 

Je vois du victim blaming, de l'ignorance et de la négation du sexisme ancré dans nos sociétés qui permet pourtant d'expliquer en partie ces actes.

 

Je vois une complaisance affichée pour les personnes qui commettent ces crimes et une indulgence revendiquée !

 

Le viol, les violences physiques et sexuelles sont des expériences traumatiques et traumatisantes.

Ces "expériences" lèguent des séquelles indélébiles, inaudibles et parfois invisibles qui sont propres à la personne qui traverse ou qui a traversé ce traumatisme.

 

 

 

Je me demande alors qu'est prête à faire nos sociétés ainsi que nous-mêmes à l'échelle individuelle pour que l'intégrité physique, morale et sexuelle de chacun.e puisse être sauve tout au long de sa vie ?

 

Qu'est prête à faire nos sociétés ainsi que nous-mêmes pour accorder la juste place aux victimes ?

 

Que faisons-nous pour apporter l'aide, le soutien et l'accompagnement aux personnes victimes ainsi qu'à leurs proches ?

 

En effet, ce sont des expériences dévastatrices qui traversent le temps, les époques et les générations !

 

J'apprécierai qu'au-delà de la nécessité de s'emparer tout.e.s de ces sujets primordiaux et importants nous le fassions avec le plus grand respect et l'égard !

 

J'apprécierai de ne plus lire : "Pourquoi iel n'a pas parlé plus tôt" ! POURQUOI

 

Parce que l'expérience traumatique est comme je le disais plus haut très personnelle et qu'elle se manifeste de manière différente selon l'individu.e.

 

Dans certains cas, les personnes victimes se trouvent dans l'incapacité de dénoncer les actes qu'elles ont subis car elles sont en état de choc !

 

Aussi, nous évoluons dans des sociétés où l'éducation concernant les violences n'est pas suffisante ce qui mène à ce que certaines victimes prennent du temps à réaliser qu'elles ont été exposées ou ont subi des violences !

 

Le victim blaming, le fait de culpabiliser la personne qui est le sujet des violences plutôt que l'auteur.trice !

 

Les conflits de loyauté quand l'auteur.trice est un.e proche, un.e parent.e ou bien une personne influente ou riche !!!!

 

La précarité qui fait que les personnes qui sont victimes et en situation de pauvreté ou précaires ne se sentent pas en capacité de dénoncer les crimes dont elles sont l'objet !

 

Il y a aussi les symptômes associés au PTSD (syndrôme post traumatique) qui peut être considéré comme responsable de la non-réalisation de pouvoir précisément nommer les crimes dont on a  on été victime !!!

 

J'apprécierai qu'au-delà de la dénonciation tous ces éléments que je viens de citer soit pris en compte !

 

J'apprécierai que tout.e.s nous faisions attention aux mots et expressions employées pour qualifier et relater ces faits !

 

J'apprécierai ne plus avoir à lire ou à entendre "se faire violer" MAIS "être violé.e"!

 

J'apprécierai que soit considéré que même si les violences sexuelles concernent plus dramatiquement les Femmes, ces violences touchent aussi les enfants (garçons et filles), les personnes vulnérables (personnes en situation de handicap), les minorités sexuelles !!!

 

J'apprécierai que les violences physiques et sexuelles nous concernent TOUT.E.S !

 

 

Me too ... Nous toutes ... Même pas peur !

 

 

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