La souffrance d'une mère ... appel à sororité ...

September 2, 2018

 

 

Nous sommes à la veille de la rentrée scolaire.

 

Pour les personnes qui sont parents, nous préparons la rentrée de nos enfants chaque année avec une particulière attention.

 

Septembre, fait partie de mois qui rythment les vies des individus qui sont parents et ce jusqu'à la fin de la scolarité de leurs enfants ...

 

Aujourd'hui, si je publie cet article sur la parentalité, c'est surtout pour aborder le sujet très douloureux de la souffrance d'être parent ... ici avec plus d'attention sur la souffrance d'être mère et toutes les obligations que cela implique.

 

Dans le récit collectif, on évoque qu'avec parcimonie cette souffrance parentale ... ou parfois avec humour ...

 

Dans nos feeds Instragram ou Facebook ou autres, nous sommes inondé.e.s d'images de "familles parfaites" et nous savons comment les images peuvent être assassines ... ces images qu'être parent est l'aboutissement et l'accomplissement d'une vie ...

 

Ces "familles parfaites" servent d'une certaine manière le récit patriarcal qui voudrait que le destin de chaque individu serait de devenir parent ...

 

Ce récit patriarcal qui dit également qu'une famille ne peut-être que composée par une Femme et un homme.

 

Ce récit patriarcal qui cause beaucoup de dégâts et faillites personnelles en maintenant les Femmes comme les hommes dans son sérail !

 

Ici, je ne parle pas d'envie ou de jalousie mais de personnes qui souffrent et qui ne trouvent aucun espace pour s'en confier et qui voudraient comprendre ... POURQUOI ... où est leur place dans cette société qui dicte nos plus infimes décisions ...

 

D'autre part, rarement la famille, les ami.e.s et les proches sont en mesure d'entendre que l'on souffre ou que l'on puisse souffrir d'être parent ...

 

Dans un monde où la survie de l'espèce n'est plus une préoccupation, comment aborde-t-on avec les yeux de l’honnêteté sur la charge que cela peut représenter pour certain.e.s d'entre nous d'avoir à charge un ou des enfant.s ...

 

Où est notre choix ? Comment s'en sort-on ? Comment appeler à l'aide ?

 

Il est vrai que la conception de la souffrance parentale est un sujet qui commence à être abordé, d'abord et surtout sous le spectre de la charge mentale principalement supportée par les Femmes.

 

Au fil des années, des mots sur la souffrance des mères ont été posés et nous pouvons identifier les éventuelles dépressions post-partum.

 

Seulement,  quand cette souffrance s'installe ... qu'elle est une entrave ... qu'elle ronge ...

 

Je publie le témoignage d'une Femme qui m'a sollicitée afin qu'à travers mon blog, j'ouvre ce sujet de la souffrance parentale ... que je lui permette de s'exprimer sur sa souffrance et avec laquelle elle vit quotidiennement ...

 

Je la remercie vivement pour sa confiance et j'espère qu'en publiant son récit, j'accède déjà à sa première demande ... celle de se libérer ... se libérer de ce poids ... de ces mots/maux ...

 

J'espère qu'à travers ce récit nous pourrons déjà lui témoigner notre vive soutien et échanger dans la bienveillance et le respect ...

 

Les commentaires sont ouverts ...

 

 

 

Témoignage :

 

Je suis une mère en souffrance.

 

Je suis maman trentenaire de deux enfants.

 

Pour raconter mon parcours, je suis tombée enceinte très jeune. A 22 ans je mettais au monde mon premier enfant. J'étais avec le papa, nous avions notre vie.

 

La réalité, je voulais fuir un environnement familial toxique.

 

Mon adolescence a été rythmée par prendre soin des petits  frères et sœurs, m'occuper de la maison.

Pas de temps pour moi. Une mère qui me bride, me refuse toute vie sociale, me fait me sentir mal dès que j'ai un copain ou un semblant de vie sociale propre.

 

Je me rappelle son refus quand j'ai voulu aller étudier à l'étranger. Aucune négociation possible.

 

J'ai donc choisi cette option quand elle s'est présentée sans vraiment réfléchir à ce que la parentalité impliquait.

 

À 22 ans, faire un enfant c'était logique. J'étais adulte, du moins c'est ce que je pensais. Puis je savais le faire, c'est ainsi que j'avais toujours vécu. M'occuper des autres.

 

Bien entendu j'ai assumé, et élevé seule mon enfant pendant des années après la séparation avec le papa.

 
J'étais en mode pilote automatique, mon premier enfant ne manquait de rien. Je travaillais en ce but. 


Dès que je le pouvais, petit tour chez les mamies pour avoir des week-ends de libre afin de me retrouver avec moi même. Des soirées avec les amis, à ne penser qu'à moi et au moment présent.

 

Les années passent, je rencontre le père de mon deuxième enfant. Au début on veut un enfant, vite. Puis finalement je change d'avis. Je ne veux plus être mère. J'en ai déjà un, je n'ai pas envie de retomber dans les couches et les nuits blanches etc.


Monsieur ne comprend pas vraiment. Lui veut un enfant.


La relation continue.


J'ai la trentaine, je veux évoluer au boulot, je fais tout pour.

 

Un mois, je suis malade, très malade. Je vais voir le médecin, il me prescrit un arrêt de travail et un traitement. Et là, je fais un truc que je ne fais jamais (oui c'est mal) je lis la notice des médicaments et l'un d'entre eux est proscrit en cas de grossesse. J'ai un doute, mes seins sont vraiment beaucoup plus gros que d'habitude et cette fatigue qui ne me lâche pas. J'achète un test avant de prendre mes médocs. Sait-on jamais.


Test positif.

 

Je suis heureuse bizarrement. Je l'annonce au père qui est aux anges. 


Rapidement je me demande si je ne fais pas fausse route. J'ai songé à avorter sans lui dire.


La grossesse fut difficile. J'étais en arrêt, beaucoup de douleurs, des problèmes de santé et cette peur viscérale de perdre mon bébé.


Mais tout va bien. Je mets au monde sans douleur un magnifique bébé.


Seulement voilà, un malaise s'installe insidieusement. Je réalise que je suis maman de deux enfants, et que la liberté que je touchais du bout du doigt était littéralement en train de disparaître.

 

Je m'occupe de ce second enfant, là aussi en pilote automatique.


Dépression, isolement, j'ai beaucoup de mal à l'aimer. Je ne trouve aucun soutien auprès de Monsieur qui rit lorsque je lui annonce ne pas aimer notre enfant. Pour lui c'est inconcevable. Je suis sa mère je ne peux que l'aimer. Il me laisse gérer ce sentiment seule, ainsi que les nuits, la maison etc.

 

J'ai tenté de mettre fin à mes jours. Combien de fois j'ai voulu me jeter par la fenêtre, prendre des médicaments, foncer à toute vitesse en voiture et me planter. J'ai également tenté de tuer cet enfant, une fois. 


Prise de panique je décide de consulter. Initiative fructueuse. Je tombe sur une psy à l'écoute. Je relève la tête. Puis je décide de ne plus me cantonner à mon rôle de mère.

 

Je reprends des études, je laisse mes enfants. Et je prends du temps pour moi. Uniquement moi. Et cette femme que j'avais perdu de vue réapparaît dans le miroir.


Je suis une mère à temps partiel et j'adore ça. Je suis heureuse de passer du temps avec mes enfants sans les avoir tout le temps avec moi. Je me concentre sur moi, je me redécouvre, je sors, je vois des amis. Je renoue avec ma féminité disparue.

 

Forcément Monsieur n'est pas ravi. Beaucoup de disputes. Il ne me soutient pas ds mon projet d'études. Mais je persévère. 


Puis la pression familiale.

 

Je décide donc de laisser cette vie où je suis heureuse pour reprendre mon rôle de mère. A contre-cœur. Je ne veux plus. Mais, une mère, paraît-il, ne peut pas abandonner ses enfants.

 

La vérité c'est que j'ai passé les 30 premières années de ma vie à la subir. Je pense que je n'ai jamais voulu être mère. C'est arrivé, j'ai assumé. Je ne me suis jamais posée pour me dire, je veux être mère. Mais la réalité c'est que je n'y arrive plus. 


Comment faire pour ne plus être en souffrance ? Les enfants sont des personnes, je ne peux pas les rendre au magasin.

 

Je me sens totalement perdue. 

 

 

***

 

Pour aller plus loin sur le sujet de la souffrance parentale, je vous invite à lire "Revolutionary Road" de Richard Yates et le film "Noces Rebelles" de Sam Mendes avec Kate Winslet et Leonardo DiCaprio.

 

 

 

 

 

 

 

 

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