Pourquoi être des parents bienveillant.e.s ...

November 13, 2017

Je fais suite à mon précédent article sur la bienveillance éducative.

 

J'expliquais au travers de cet article comment, après un parcours un peu compliqué avec mon fils maintenant adolescent, je m'étais tournée vers ce modèle éducatif et que depuis la naissance de ma fille, je la pratique au sein de mon foyer.

 

En éduquant mes enfants avec l'aide de cette méthode, je ne cède à aucune mode qui voudrait que tous les 36 du mois, une nouvelle recette miracle soit insufflée par les lobbys, les médias, les blogueuses aux parents.

 

Je me suis beaucoup interrogée sur la raison pour lesquelles il y a encore des réticences envers ce modèle éducatif, quand celui-ci ne prône que la bienveillance envers nos enfants...

 

J'avoue ne pas avoir trouvé les réponses à cette réticence ...

 

En attendant, je m'explique et j’approfondis les raisons pour lesquelles à la maison on fait comme ça ;)

 

 

 

***

 

 

Nous parents sommes les premiers à exiger la bienveillance d'autrui envers nos enfants.

 

Nous considérons difficilement qu'en dehors de notre sphère familiale des personnes puissent être violent.e.s verbalement ou physiquement envers notre progéniture.

 

Nos grands-parents et parents ont fréquenté une école où les châtiments corporels étaient courants et on ne peut que se réjouir que ces méthodes, d'un autre temps, n'existent plus ! 

 

En 1990, la Convention Internationale des Droits de l'Enfant précise que la discipline scolaire doit respecter la dignité de l'enfant en proscrivant de ce fait les châtiments corporels et les humiliations comme méthodes éducatives.

 

Nous pouvons facilement admettre que nous n'acceptons pas la violence, les cris, l'humiliation comme étant des comportements acceptables.

 

Nous exigeons le respect de notre personne et notre intégrité physique même lors de conflits et c’est pourquoi des lois sur le.s harcèlement.s, les violences verbales, physiques et psychologiques ont vu le jour depuis.

 

De ce fait, nous ne pouvons paradoxalement exiger la non-violence et pratiquer la violence verbale et physique sous seing privé à l'encontre de nos enfants ...

 

La violence verbale ou physique sur les enfants n'est pas plus admise parce qu’iels seraient nos enfants.

 

 

***

 

 

 

L'éducation positive donne l'opportunité à l'enfant d'occuper une place valorisante, elle lui laisse le choix, elle ouvre le dialogue avec ses parents.

 

Elle permet également à ce que l'enfant une fois devenu.e adulte soit plus apte à communiquer de façon non violente envers ses prochains, soit plus bienveillant.e et n'ait recours lui-même à la violence qu'elle soit verbale ou physique dans ses futurs rapports sociaux, sentimentaux et parentaux.

 

Combien de fois, entend-on des adultes dire que leurs parents les "corrigeaient" lorsqu'ils avaient commis une bêtise ou reçu une mauvaise note !

 

Qu'une claque de temps en temps, par ci par là, ne fait de mal à personne !

 

Par exemple, il était impossible d’aborder certains sujets avec les parents au risque de sévères réprimandes.

 

L’éducation positive a pour objectif d’apporter la bienveillance envers tou.t.e.s, parce que dans certains foyers, il ne faut pas avoir peur des mots, règne la TERREUR !

 

Ces anecdotes souvent partagées sous le ton de l'humour font état de la violence parentale et éducative banalisée.

 

De plus, les "corrections" même quand les enfants savaient qu'elles seraient la finalité ne les empêchaient pourtant pas à commettre des " bêtises " , des "caprices "...

 

D'où l'importance d'ouvrir un dialogue avec son ou ses enfant.s afin de savoir ce qui les animent, les tourmentent, les préoccupent ...

 

De même, ces mêmes comportements violents que certains parents appliquent à leurs enfants ne l'accepteraient pas venant de personnes extérieures.

 

En notre qualité d'adulte, nous ne comprenons pas, même quand cela peut paraître justifié, d'avoir recours aux cris, à l'humiliation ou bien aux coups... nous cherchons à avoir un échange apaisé ... donc pourquoi en qualité de parents devrions-nous en avoir l'usage ?

 

 

 

***

 

Par ailleurs, j’entends et je lis "que la parentalité positive c’est pour les parents hippie, les parents bobos, les parents qui n'ont pas d'autorité"…

 

Choisir de ne pas crier, de ne pas frapper, de ne pas menacer ses enfants serait un signe de faiblesse …

 

Comment, dans ce cas, justifie-t-on alors la violence, la terreur, la peur, le chantage, la défiance lorsque que s’ouvre à nous le dialogue, la compréhension et l'écoute...

 

Ce n'est PAS un signe de faiblesse mais plutôt de l'empathie, de l'intérêt, de la bienveillance, de la prise en compte de l’autre … cet autre qui ici est notre enfant.

 

Quelles empreintes laissons-nous à des enfants quand iels conservent de leurs parents la violence et l’intransigeance…

 

J'ai choisi d'éduquer mes enfants de façon bienveillante car je ne veux pas qu'iels se souviennent d'une Maman qui crie à tort et à travers, qui tape quand elle n'arrive pas à se faire obéir et qui punit sans discuter !

 

(D'ailleurs, j'ai remarqué que lorsque je hausse le ton ma fille de 3 ans comprend rarement...)

 

L'éducation positive ce n'est PAS élever son enfant en roi, mais plutôt lui enseigner sa future place au sein de la société, lui enseigner le dialogue et l'écoute, la compréhension où son identité est valorisée.

 

De plus, il faut prendre en compte les dommages et les traumatismes qu'une éducation violente causent aux individus, cf article de Muriel Salmona, psychiatre.

 

 

 

***

 

 

  • Ce sont certes nos enfants, mais iels ne nous appartiennent pas !

 

Les enfants sont sous la responsabilité de leurs parents qui eux ont le devoir de les éduquer selon leurs valeurs et de leur donner les meilleurs moyens pour s'épanouir avec bien entendu les obligations d'entretien et de nourriture !

 

  • Le corps de nos enfants ne nous appartient pas !

 

Les cris, les coups, les brimades et les humiliations laissent toujours une trace ...toujours…

 

"Cette mémoire traumatique sera également à l’origine d’angoisses, d’une souffrance et d’une culpabilité durable, d’un manque d’estime de soi et de confiance en soi, d’un sentiment d’insécurité permanent, et d’un état de stress qui aura des répercussions sur la santé, l’appétit et le sommeil de l’enfant, ainsi que sur ses capacités de concentration, de mémorisation et son développement psycho-moteur". Extrait de l'article de Muriel Salmona, Psychiatre.

 

 

Bien entendu, la vie de parent n’est pas de tout repos…

 

  • Dans ce cas, pourquoi ne pas souffler deux minutes quand on ressent la colère et le stress nous envahir…

 

  • Pourquoi ne pas ouvrir le dialogue avec ses enfants sur ce qu’iels ressentent, ce qu’iels souhaiteraient et essayer de trouver un compromis familial ;

 

  • Pourquoi ne pas établir une liste sur les objectifs que l’on souhaite atteindre ensemble et pas seulement NOS objectifs en tant que parents qui peuvent être complètement différents de ceux de nos enfants ;

 

  • Pourquoi ne pas adapter la manière dont on s’adresse à nos enfants en évitant les termes rabaissant de type : « Tu es nul.le, tu n’écoutes rien, tu ne sais rien faire… »

 

A la maison, il m'arrive de manquer de patience, seulement les moments les plus apaisés et non stressant, je prends le temps... je propose des alternatives, j'écoute, on cherche un compromis.

 

Je n'a pas recours à une "punition", j'essaie quand c'est possible d'obtenir le dialogue ... mais je ne tranche pas du fait de mon autorité.

 

 

Nous ne sommes pas tou.t.e.s égales et égaux face à des paroles vexatoires et humiliantes... ces paroles ou même certains gestes agissent comme un traumatisme dont il est difficile de se débarrasser une fois adulte et qui laissent des séquelles (trouble alimentaire ou du sommeil, adulte introverti, manque de confiance en soi ...).

 

 

La solution à ce langage violent est de changer sa manière de s’adresser aux enfants :

 

« Qu’est ce qui s’est passé pour que tu ne réussisses pas ? Qu’est-ce-qui fait que tu aies du mal à m’écouter ? Veux-tu que je t’aide à faire telle ou telle chose ou bien As-tu besoin d’aide ? »

 

Cela prend certes plus de temps mais cela à l’avantage d’alléger les relations et de communiquer de manière non-violente.

 

Je vous assure, les enfants apprécient quand leurs parents se mettent à leur hauteur et de cela iels s'en souviennent.

 

De plus, la confiance en soi commence dès le plus jeune âge et les premiers architectes de cette confiance sont les parents qui la bâtissent avec leurs enfants !

 

La confiance en soi se bâtit même lorsque nous parents pouvons reconnaitre et admettre que nos enfants peuvent être déçu.e.s, être en colère et le verbaliser à leur égard est une reconnaissance de leur être.

 

J’entends également que « ce problème de confiance en soi » serait une nouvelle mode (encore), que ce ne serait pas si important et une perte conséquente de temps !

 

Pour autant, dans cette société où la performance dicte chacune de nos actions, l’ère des burn-out et la croissance des maladies mentales, la confiance en soi devient pourtant un enjeu primordial dont les parents sont les garant.e.s !

 

 

***

 

 

 

 

Parents ou sur le point de le devenir ont la même volonté : celle de vouloir ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants...

 

Les parents durant l'enfance ont un rôle d'accompagnant, de guide, de professeur.e, de donneur d'amour ...  et s'y on y ajoutait plus de bienveillance ?

 

***

 

J'ai été invitée le 24 novembre par Jessica, la Directrice de la crèche privée l'Orange Bleue à Noisy-le-Sec pour faire un retour d'expérience et partager ma pratique de l'éducation bienveillante avec les parents dont les enfants fréquentent la crèche.

 

Jessica m'a contactée après avoir lu le premier article que je consacrais à l'éducation bienveillante.

 

Elle m'a confié vouloir mettre en place au sein de sa structure un "café des parents" pour donner l'opportunité d'ouvrir des discussions autour de l'enfance et de la parentalité.

 

C'est donc naturellement que j'ai accepté son invitation.

 

 

L'Orange Bleue :

 

L'Orange Bleue est une crèche privée écologique et solidaire qui accueille 30 enfants de 2 mois et demi à 4 ans.

 

La crèche est sur deux niveaux et chaque tranche d'âge des enfants possède son espace.

 

La a crèche est également équipée d'un espace motricité et une salle de jeux d'eau et à son propre jardin dans la cour attenante.

 

Jessica est une Directrice dynamique qui a à cœur de faire participer activement parents et profesionnel.le.s dans les premiers pas de la vie des enfants.

 

Lors de ce "Café des Parents" étaient présents une dizaine de parents dont les enfants ont entre 2 mois et demi et 3 ans et demi.

 

Les discussions ont été vives concernant l'éducation positive et les questions ont été nombreuses sur la gestion des conflits et du quotidien.

 

J'ai pour ma part tenté de donner mes petites astuces pour que les relations entre parents et enfants puissent être apaisantes en imageant par des exemples de situation.

 

Ce qu'il ressort de cette rencontre est une meilleure prise en compte des besoins de nos enfants car iels sont des individus à part entière.

 

***

 

Pour aller plus loin dans la pratique de l'éducation positive, voici une liste non-exhaustive d'ouvrages qui peuvent initier et aider les parents et les futur.e.s parents et qui peuvent aider à décrypter les comportements de nos enfants :

 

- J'ai tout essayé : Opposition, Pleurs et crises de rage : Traverser sans dommage la période de 1 À 5 ans d'Isabelle Filliozat ;

- Il me cherche : Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans d'Isabelle Filliozat ;

- La discipline sans drame de Daniel Siegel ;

- La discipline positive de Jane Nelsen ;

- Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent d'Adele Faber.

 

Vous pouvez vous procurer facilement ces livres sur PriceMinister neufs ou en seconde main.

 

 

 

 

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