Représentation du corps féminin et patriarcat ...

October 8, 2017

 

 

The moment I get rid of the masculine eye on my body is the moment I realise that I'm free and MY BODY IS MINE !

 

Il m'a fallu pourtant du temps pour intégrer que mon corps m'appartient et l'usage que j'en fais ne regarde que MOI !

 

J'ai réalisé que je suis la seule maîtresse et gardienne de mon corps lorsque je  me suis affranchie du regard des hommes et de la société.

 

Il n'est seulement pas toujours simple de s'affranchir de ce "poids" :

 

- du fait des normes sociétales : tous les corps ne peuvent être montrés et glorifiés (les personnes grosses, les personnes en situation de handicap...) ;

 

- du fait que les femmes ne seraient pas dans la capacité de disposer de leurs corps comme elles l'entendent soumises à la morale et à la censure.

 

Plus encore lorsqu'on est une jeune femme noire ayant évolué dans une société en manque de représentation et où trop souvent encore les femmes noires sont représentées de façon négative (misogynoire, racisme).

 

***

 

Dans le prolongement de mon précédent article sur la culture du viol (https://www.badassmaman.com/single-post/2017/09/28/Culture-du-viol-TW-viol-), je parle de la nécessité que les mentalités évoluent sur la manière dont chaque personne doit appréhender son corps et celui de l'autre.

 

Dès leur plus jeune âge, on inculque aux petites filles la pudeur et la modestie : il y a des gestes, des positions et des attitudes qu'étant filles elles ne peuvent avoir.

 

On leur apprend la maîtrise de leur corps, la bonne gestuelle, la bonne conduite, la discrétion ...Tout est minutieusement codé... leurs simples gestes sont scrutés.

 

Les petites filles apprennent très tôt à bien se tenir, à être dociles, à maîtriser leurs corps tandis que les hommes peuvent librement occuper TOUT l'espace.

 

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/07/06/comment-le-manspreading-est-devenu-un-objet-de-lutte-feministe_5156949_4832693.html

 

Ce sont des règles auxquelles on se soumet étant conditionné.e.s à nos rôles sociaux (le dominant et la dominée, l'agresseur et la victime, la femme et l'homme) ...

 

Combien de fois par exemple nous pouvions expliquer l'agressivité des jeunes garçons envers les jeunes filles comme étant une manifestation de l'affection !

 

On intègre la violence comme étant un langage de l'amour et on contribue à sa banalisation.

 

Nous cautionnons les actes violents et de fait nous avons dû mal à combattre les violences conjugales, la culture du viol, les agressions car nous les avons intégrées sans en combattre la cause pour s'en prémunir !

 

Cette violence est sur-représentée dans les médias, les films, les dessins animés sans que l'on s'attache réellement à sa source.

 

Par conséquent évoluant dans une société où la violence faite aux femmes est légitimée, où la culture du viol n'est pas combattue et où la domination masculine n'est jamais remise en cause, nous exigeons des personnes les plus sujettes à être agressées ou harcelées : les enfants, les jeunes filles, les femmes, les personnes vulnérables à "bien se comporter", "à ne pas provoquer" ou "à ne pas attirer" l'attention sur iels !

 

De plus, nous leur disputons la notion de consentement alors qu'en présence d'une personne adulte ou ayant un ascendant, il n'y a pas de consentement.

 

La prise de conscience de chacun.e d'entre nous sur ces réalités est nécessaire afin de mettre fin à cette société oppressive et dangereuse qui, au lieu d'accabler les auteurs de violence, responsabilise et culpabilise les personnes victimes et agressées (le "victim blaming" : le fait de tenir responsable la.les victimes d'une agression ou d'un crime alors que ce sont les auteurs qui doivent être mis en cause) !

 

***

 

A travers les réseaux sociaux nombreuses femmes à travers le monde de différentes convictions religieuses deviennent maîtresses de leur propre récit, prennent en main leur narration, maîtrisent leurs images, choisissent de dévoiler ou non leur corps !

 

Les femmes s'approprient un espace qui leur était interdit ou autorisé sous certaines conditions.

 

Les femmes se libèrent ayant été conditionnées à la discrétion, à la pudeur ou tout autre notion oppressive auxquelles elles sont soumis.e.s, telle que la politique de respectabilité.

 

La politique de respectabilité est un outil du patriarcat enfermant les femmes dans un certain nombres de règles de conduite qu'elles doivent suivre et  adopter pour être considérées comme respectables : virginité avant le mariage, mariage, mère de famille, sexualité "maîtrisée" dans la relation hétérosexuelle et légitime, "présentables" et chastes ...

 

Par conséquent, de nombreuses féministes et militantes se sont mises à combattre cette politique de respectabilité en démontrant que vêtue.s ou dévêtue.s l’opprobre s'abat de toutes manières sur les Femmes car c'est le patriarcat qui en dicte les règles !

 

Vous remarquerez que c'est OK pour les publicitaires d'utiliser le corps de femmes pour commercialiser n'importe quel produit, mais quand une femme décide de montrer et d'afficher son corps librement et en pleine conscience elle est vivement critiquée !

 

Le patriarcat soumet les femmes !

Le patriarcat dicte les règles !

Le patriarcat donne et distribue les mauvais points !

Le patriarcat sanctionne !

Le patriarcat alimente la culture du viol !

Le patriarcat favorise le système de domination masculine !

 

C'est pourquoi, il est de nécessité sociétale de se battre contre le patriarcat et ses mesures oppressives !

 

Le patriarcat et son système de domination ont pour but de soumettre les femmes à des règles strictes pour les maintenir soumises, silencieuses et invisibles !

 

S'approprier des espaces tels qu'internet ou autres réseaux sociaux permet aux femmes de s'exprimer sur leurs conditions de vie quotidienne et communiquer leur volonté d'être traitées dignement partout où elles sont présentes, c'est-à-dire aussi bien virtuellement que dans l'espace public !

 

Le simple fait d'être une femme représente un danger : les femmes sont plus majoritairement victimes de violences verbales et/ou physiques bien qu'elles essaient par tous les moyens en leur possession de se protéger  !

 

S'habiller ou se maquiller  sobrement, sortir accompagnée, éviter les "zones sensibles" n'empêchent pourtant pas que les femmes soient agressées, d'ailleurs elles le sont souvent dans leurs actions quotidiennes : en se rendant sur leur lieu de travail, en sortant dîner ou encore simplement en faisant leurs courses.

 

La présence et la domination masculine se trouve partout dans la vie de chaque femme parce que les hommes dominent et se trouvent investis du pouvoir patriarcal dont ils en usent et abusent en toute impunité !

 

Ils exercent leur domination sur tous les terrains existants et ces comportements s'expriment par des agressions, des violences, des humiliations, la production d'inégalités qui contribuent à ce que les femmes pour survivre se protègent des hommes.

 

Cette peur alimentée contraint les femmes à ne pas investir certains domaines, lieux, professions...

 

La peur est l'un des versants sans lequel la domination masculine ne pourrait exister, en faisant naître la peur chez les femmes celles-ci n'occupent pas certains espaces et c'est ainsi que les inégalités entre hommes et femmes perdurent !

 

Entretenir la peur des femmes et vivre dans une société oppressive à l'égard des femmes permet à :

 

- ce que les femmes ne s'autorisent pas à exercer certains métiers habituellement occupés par les hommes ;

 

- ce que les femmes ne peuvent investir certains lieux car ils leur sont interdits (cercles de jeux ...) ou potentiellement dangereux pour elles (sortir la nuit, la rue) ;

 

- ce que la culture du viol soit favorisée car le traitement des victimes est à déplorer et la reconnaissance des crimes commis à leur encontre est une épreuve en plus de celle qu'elles ont à endurer ! 

 

- réduire la présence physique des femmes dans tous les espaces pour mieux exercer la domination.

 

***

 

C'est pour combattre ce système de domination que des femmes ont choisi d'agir politiquement par de nouveaux mouvements féministes contre le système patriarcal tels que :

 

- slut walk :  mouvement datant de 2011 et dont les premières manifestations ont eu lieu à Toronto qui est devenu depuis un mouvement international dont le slogan principal est le suivant : "Ne nous dites pas comment nous comporter, dites leur de ne pas violer";

 

Mouvement repris par Amber Rose et dont la dernière marche a eu lieu début octobre à Los Angeles (USA).

 

- free the nipples : mouvement né sur les réseaux sociaux pour combattre la censure et la sexualisation des poitrines des femmes afin de parvenir à la banalisation du corps féminin ;

 

- brelfie : pour militer pour l'allaitement en public car les femmes allaitantes sont la cible d'attaques, d'insultes ou remarques ;

 

- stop harcèlement de rue : une association française qui oeuvre contre tout comportement sexiste, homophobe, transphobe, grossophobe ;

 

- body positive : mouvement tendant à donner de la visibilité à TOUS les corps : gros, handicapés, poilus, LGBTQIA+ etc, pour s'opposer à la norme et déconstruire le mythe du corps idéal produit immédiat du patriarcat.

 

Voici quelques comptes Instagram de femmes qui militent pour la représentation de TOUS les corps et TOUTES les beautés en passant bien évidemment par la représentation d'elles-mêmes ou de leurs corps :

 

- @ihartericka;

 

- @gabifresh;

 

- @gaelleprudencio;

 

- @bebeautifulla;

 

- @tribedemama;

 

- @hellonolive qui se décrit comme fat posi;

 

- @margalidamaria;

 

- @thickleeyonce;

 

- @l'utoptimiste-soeurvulverine;

 

- @mamacaxx;

 

- @musegold

 

- @curvycampbell ...

 

 

 

 

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