La santé mentale et afroféminisme ...

September 9, 2017

 

 

On ne peut se proclamer féministe et qui plus est afroféministe et ne pas se préoccuper de la santé des femmes et de sa propre santé.

 

Etre féministe au delà des questions d'égalité salariales, sociétales c'est œuvrer pour que toutes les femmes bénéficient des mêmes droits concernant la santé, la liberté de jouir de leur corps comme elles l'entendent, ne plus être stigmatisées et discriminées en raison de leurs origines, leur identité de genre, leur sexualité, leur classe...

 

C'est en raison de ma position de féministe, et ce n'est sans doute pas un hasard qu'aujourd'hui, je peux prendre la parole et que je n'ai plus peur d'aborder mon vécu et mon parcours.

 

Ces derniers mois, j'ai beaucoup lu d'articles sur la santé mentale, étant moi-même préoccupée par mon état de santé.

 

J'ai aussi beaucoup lu que dans la communauté noire, il y a une méconnaissance de ces maladies mentales que l'on parle de dépression ou de problèmes psychiatriques plus sérieux.

 

On attribue que ce soit à la femme ou à  l'homme noir.e une force héritée de l'époque esclavagiste et de la période coloniale selon laquelle les personnes noires seraient plus fortes, plus résistantes à toutes formes de souffrance (physique, morale, mentale).

 

Ces croyances contribuent à la déshumanisation et la non reconnaissance de la souffrance des personnes noires que ce soit dans le domaine de la santé mentale, gynécologiques (les femmes noires ont servi de cobaye à des expériences médicales ...).

 

L'exemple d'Henrietta Lacks, afro-américaine décédée à l'âge de 31 ans d'un cancer de l'utérus et dont le cellules ont servi à faire avancer les recherches sur le cancer sans son consentement et celui de sa famille est criant sur le traitement de la santé des personnes noires.

 

C'est pourquoi, en raison de cette croyance tout droit tirée de l'esclavage et de la colonisation sur la prétendue force supérieure des personnes noires que concernant les maladies mentales elles en seraient épargnées.

 

Très souvent quand une personne présente les premiers signes d'une maladie mentale, ces signes sont souvent minimisés et dédramatisés.

 

La personne affectée ressent un sentiment de honte, ne se confie pas sur ses troubles et du fait de son isolement n'est pas diagnostiquée ou ce trop tard.

 

En France, les maladies mentales affectent 1 personne sur 5.

 

Les maladies mentales altèrent non seulement le cerveau, le système nerveux central mais aussi les systèmes périphériques.

 

Elles se caractérisent par des troubles comportementaux et une souffrance psychique souvent associés à des troubles cognitifs (touchant la mémoire, la concentration ...) qui handicapent la personne atteinte et altèrent son fonctionnement social, familial et professionnel.

 

Les conséquences sont parfois dramatiques : on observe une mortalité prématurée des personnes atteintes de maladies mentales.

 

Ainsi, en France, chaque année près de 11 000 personnes se suicident et 220 000 attentent à leur jour (source : https://www.fondation-fondamental.org/les-maladies-mentales/quest-ce-quune-maladie-mentale).

 

La santé mentale est problème de santé publique.

 

Les femmes noires sont évidemment sujettes à ces maladies mais sont enfermées dans la négation de leur maladie et de leur souffrance.

 

***

 

J'ai moi-même souffert d'un burn-out et d'une dépression légère.

 

Le burn-out est une souffrance psychique causée par une pression trop importante que la personne s'inflige sur le plan professionnel, personnel et/ou familial... jusqu'à l'épuisement.

 

Quant à la dépression, les causes sont multiples : manière de vivre, traits de caractère et fragilité, chômage et isolement peuvent en être des causes.

 

Dès que le mal être est réalisé et identifié, il faut du temps pour la personne malade d'accepter son état et admettre que l'on a besoin de soin.

 

La dépression est une maladie difficile à diagnostiquer car elle est souvent latente : trouble de l'humeur, anxiété, angoisse, troubles alimentaires et troubles du sommeil sont souvent des maux qui accompagnent une dépression.

 

De même un sentiment de culpabilité pèse sur les épaules de la personne malade qui le plus souvent ne voit pas sa maladie reconnue ne paraissant pas physiquement malade ... 

 

Donc non seulement la personne souffrant de dépression a du mal à se savoir malade et le reconnaître mais son entourage direct nie son état.

 

Malgré le fait que l'on encourage les personnes souffrant de maladies mentales à se outer et à se soigner, il y a un validisme flagrant et la non prise en compte de ces maladies au sein de la société : moqueries, stigmatisation, les assurances professionnelles n'indemnisent pas par exemple en cas de dépression alors que très  souvent lors d'un épisode dépressif les personnes sont en incapacité de travailler.

 

Le validisme : c'est le fait de discriminer une personne en raison de sa situation de handicap physique ou mental.

 

Nous vivons dans une société validiste dans la mesure où les personnes handicapées et malades doivent militer pour la reconnaissance de leur handicap et leur survie dans un monde où la norme du valide régit la société.

 

Dans ma position d'afroféministe et me préoccupant de la santé des femmes, je milite pour une reconnaissance des souffrances mentales.

 

Reconnaître que les maladies mentales sont des maladies qui doivent être soignées et que tout le monde doit y être sensibilisé parce que personne n'est épargné.

 

Au moment, où je rédigeais cet article j'ai été informée de la création du Collectif Perspective : https://collectifperspective.org/ qui est un collectif de personnes racisées qui se préoccupe de la santé mentale des personnes non blanches, car comme je l'ai dit précédemment dans certaines communautés le principe de maladie mentale n'est pas reconnu.

 

Cette non reconnaissance de la souffrance mentale contribue à l'isolement et à la non guérison des malades.

 

C'est pourquoi il est important et primordial de reconnaître les maladies mentales pour une meilleure prise en charge des personnes malades en les informant des soins à leur disposition, des professionnels de santé compétents et des thérapies mises à leur disposition pour leur guérison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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