Les vacances finies... si on (re)parlait de la charge mentale pour tout.e.s ???

August 30, 2017

 

On a beaucoup entendu parler de la charge mentale avant le début des vacances scolaires.

 

Les congés d'été sont souvent synonymes pour beaucoup de familles de parenthèse dans l'agenda soutenu de l'année scolaire : la période estivale est celle où les enfants peuvent être en vacances loin de la maison parentale et les parents peuvent prendre un grand bol d'air libres de toutes obligations (pour les plus chanceu.x.se.s d'entre elleux).

 

Maintenant que la rentrée approche si on reparlait de la charge mentale ...

 

Tout est (re)parti, si l'on  peut dire d'une BD d'Emma : https://emmaclit.com/2017/05/09/repartition-des-taches-hommes-femmes/

 

Car en réalité le concept de la charge mentale ménagère est introduit par Monique Haicault en 1984 dans son article "La Gestion ordinaire de la vie en deux" http://www.jstor.org/stable/43149231?seq=1#page_scan_tab_contents.

 

Dans cet article est déjà évoqué la double journée des femmes : activité professionnelle et le travail domestique.

 

Il n'en reste pas moins que cette BD est importante car elle permet d'imager les situations dont beaucoup de femmes vivent au quotidien : mener vie professionnelle et vie familiale sans trouver le répit et le relais à leur domicile malgré le fait de ne pas être seules à la maison.

 

Avoir pu scénariser et mettre en image ce que l'on appelle la charge mentale je trouve ça excellent ! Merci Emma !

 

J'aimerais cependant pousser la réflexion ... qu'en est-il de la charge mentale concernant les familles monoparentales et homoparentales?

 

 

 

Les familles monoparentales font également face aux difficultés liées à la gestion de la cellule familiale.

 

Ces familles, composées d'un seul membre adulte, gèrent un ou plusieurs enfant.s et ne bénéficient pas, la plupart du temps, des mêmes moyens financiers qu'un couple, ou plus encore n'ont pas le luxe de compter sur la présence de cet autre adulte qui "donne un coup de main" à la maison !

 

Qu'en est-il de la charge mentale des familles monoparentales qui gèrent enfant.s / vie professionnelle / vie de famille et parfois vie sentimentale ?

 

A qui doivent-iels la déléguer ? A qui doivent-iels s'adresser ? Comment pourrait-on l'évaluer ? Quelles alternatives existent-il pour elleux ?

 

Peut-on parler de charge mentale les concernant, ou bien elle ne concerne que les personnes en couple ?

 

 

Dans le couple dit traditionnel ou hétéronormatif, l'un ou l'autre s'enfermerait dans son rôle dit social (femme/homme) qui voudrait que certaines tâches seraient exclusivement féminines et d'autres masculines.

 

Les tâches dites féminines seraient définies comme étant attachées aux tâches ménagères (vaisselle, ménage, devoir, lessive) plus axées sur la vie domestique.

 

Les tâches masculines seraient, quant à elles, plus tournées vers l'extérieur (courses, entretien du véhicule, sorties sportives, bricolage...)

 

On ne peut omettre que  la femme et l'homme ont souvent reçu durant leur enfance une éducation sexiste : les filles ont souvent appris à aider à la maison et à s'impliquer dans les tâches ménagères, tandis que dans certains foyers les garçons ont pu être oisifs.

 

Cela se répercute aussi  beaucoup dans l'univers du jouet : il existe un rayon jouets "pour filles" et un autre "pour garçon".

 

Quand on s'attarde sur les jouets, le "rayon filles" est essentiellement tourné sur le "rôle" de maman, la vaisselle, le ménage, le care ... tandis que celui des garçons a souvent attrait à l'univers professionnel (en dehors de la maison) : pompiers, policiers, super héros ...

 

Le conditionnement commence dès l'enfance ce qui contribue une fois adulte les rôles ne soient pas remis en question.

 

Devrait-on alors envisager une éducation féministe des futurs hommes pour qu'ils deviennent adultes des personnes plus aidantes et impliquées ?

 

Peut-on supposer que la charge mentale ne serait "qu'une question d'ascendant" que possède l'un des protagonistes sur l'autre quand ces protagonistes évoluent en même temps dans la cellule familiale ?

 

On en reviendrait alors à ce rapport dominant.e/dominé.e qui ferait que dans la société dans laquelle nous vivons et des normes sociales existantes la femme serait l'objet dominé et l'homme dominant.

 

Dans tous ces cas, il en ressort qu'il devient évident et urgent de trouver une solution à l'épuisement domestique, car le cocon familial et les tâches qui y sont rattachées ressemble plus à un calvaire quotidien plutôt qu'à un refuge !

 

 

En attendant, ma réflexion divague encore :

 

- Qu'en est-il des couples homosexuels ?

 

En sont-ils exempts ? Ne sont-ils pas confrontés au même titre que les couples "traditionnels" à la charge mentale ?

 

La charge mentale ne serait qu'une question de genre ? Je ne le crois pas ...

 

La charge mentale ne concerne pas seulement les couples hétérosexuels mais bien TOUS les couples et TOUTES les familles.

 

Assigner la charge mentale aux seuls couples hétérosexuels en excluant les familles monoparentales et homosexuelles ne permet pas de s'attaquer franchement ni à sa cause, ni même à sa résolution.

 

La charge mentale concerne toutes les familles quelle que soit leur forme et leur composition.

 

Ne pourrait-on pas alors dire que le couple, le foyer et la vie familiale seraient les créateurs de la charge mentale ?

 

Quand on cherche la définition de la charge mentale on trouve ceci : "La charge mentale ménagère, généralement simplement charge mentale, est un principe de sociologie traitant de la charge cognitive que représente, généralement, la gestion du foyer au quotidien pour la femme dans un couple hétérosexuel."
 

J'en reviens de nouveau à ma question concernant les familles monoparentales, cette charge mentale n'existerait pas ?

 

Pour autant, au sein de ces foyers il faut s'occuper des enfants, du foyer et de toutes les autres tâches qui concernent l'éducation, l'entretien, le quotidien, la garde, le ménage ...

 

Cet  été une mère de trois enfants est partie pendant un mois avec la plus jeune de ses enfants en Algérie pour s'occuper de sa mère malade tandis qu'elle avait laissé les deux aînés à son domicile sous la garde de voisins et ami.e.s : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/metz-la-mere-qui-avait-laisse-ses-enfants-seuls-pendant-un-mois-condamnee-a-12-mois-de-prison-avec-sursis_2342185.html

 

Ce que révèle ce fait divers c'est : non seulement la famille monoparentale est soumise à la charge mentale, mais elle peut-être responsable d'isolement.

 

 

 

 

Quant aux couples homosexuels, dans quelle condition peut-on considérer qu'iels sont aussi soumis.e.s à cette même charge mentale, alors qu'iels vivent aussi au sein d'une structure familiale.

 

De toute cette réflexion, ce qu'il en ressort c'est qu'une ouverture du dialogue parait nécessaire.

 

La communication et le partage plus équitable les tâches du foyer afin d'éviter ce mal dont souffre beaucoup de personnes ayant la responsabilité d'un foyer, autrement dit trouver une solution à l'épuisement maternel et par extension (et pour plus d'inclusivité) à l'épuisement domestique.

 

http://www.parents.fr/etre-parent/maman/lepuisement-maternel-79690

 

Ma réflexion s'attarde sur les parents qui n'ont pas la possibilité de penser, de décharger voire même confier leur charge mentale à quelqu'un.e d'autre ...

 

Quelles sont les solutions ? Quand ces personnes ont besoin de souffler ? De s'aérer ? De déléguer? De partager ? Vers qui peuvent-iels se tourner ?

 

Par ailleurs, il a été observé que même dans les couples où les tâches ménagères étaient parfaitement partagées par les deux parents les tâches relatives à la maison  (cuisine, ménage, enfants) étaient toujours principalement occupées par les femmes !!! il y a encore beaucoup de progrès à faire concernant une répartition non sexiste des tâches familiales !

 

***

 

Je dois avouer que pour ce qui me concerne quand j'ai vu arriver le concept de "charge mentale" je suis restée assez dubitative.

 

De plus, mes origines caribéennes et l'éducation que j'ai reçue oriente ma réflexion sur le fait que très souvent les familles caribéennes ont longtemps été monoparentales et matrifocales (ma grand-mère a élevé seule 7 enfants,  mon arrière grand-mère a aussi éduqué seule ses deux filles).

 

Je reproduis quelque peu ce schéma vivant seule.

 

Pour autant même dans les familles monoparentales et matrifocales la charge mentale reste omniprésente et centrale car l'épuisement et l'isolement de certaines mères est réel ! 

 

 

 

Par ailleurs, une étude démontre que les hommes d'origine africaine et afro-caribéenne seraient plus impliqués dans les tâches ménagères http://madame.lefigaro.fr/societe/les-africains-et-caribeens-champions-du-partage-des-taches-menageres-110216-112441.

 

Selon les résultats de cette étude cela viendrait du fait que les familles africaines et caribéennes auraient une organisation moins traditionnelle de la famille : moins de répartition des tâches par genre, figure masculine absente (père absent, défaillant, ou travaillant à l'étranger), mais aussi due à l'éducation reçue par ces hommes.

 

***

 

La journée type d'une mère seule ressemble à celle-ci : emmener son/ses enfant.s à la crèche ou chez l'assistante maternelle ou à l'école, aller sur son lieu de travail, finir sa journée, aller récupérer son/ses enfant.s (en croisant les doigts pour ne pas avoir de retard dans les transports), rentrer, s'occuper des devoirs (quand il y en a), préparer le repas, le coucher, puis les tâches ménagères et tout  recommencer le lendemain !

 

Cela 5 jours sur 7 ... sans aide, ni relais au quotidien ...

 

***

 

Pour ce qui me concerne, j'ai développé ce besoin que même mère MA vie MON bien-être MON confort sont importants... cela n'a jamais été toujours compris :

 

- les fameux : "tu ne penses qu'à toi" : je suis aussi importante que mon/mes enfant.s !

 

- "tu voyages sans elleux" : certains de mes déplacement ne sont pas adaptés pour elleux.

 

Je suis une adulte et même si j'ai fait le choix d'être mère,  j'ai besoin de mon temps et mon espace ... c'est ma façon d'être équilibrée et sereine dans mon rôle de mère et pour mieux répondre aux besoins de mes enfants.

 

- "mais tu sors" : oui, je sors j'avais une vie sociale avant d'avoir mes enfants, j'en aurai une pendant et j'en aurai une après quand iels deviendront indépendant.e.s.

 

Le plus important dans tout cela est que mes enfants ne manquent de rien et que je leur assure sécurité, entretien et l'amour...


Où je veux en venir c'est qu'en tant que mère vivant seule ma charge mentale est réelle et bien existante : je m'occupe de tous les papiers administratifs, les inscriptions à l'école, les relations avec mon assistante maternelle, l'organisation des vacances, les visites chez le médecin, les sorties, le shopping vestimentaire ...

 

Les familles monoparentales ne concernent pas seulement les femmes.

Des hommes sont parfois en charge de leur.s enfant.s, même si leur proportion reste très minime.

Petite précision : cela ne vient pas du fait que la garde en cas de séparation est fixée exclusivement à la mère car tout père peut solliciter la garde de son/ses enfants soit de manière exclusive, partagée ou dans le cadre d'un droit de visite ou d'hébergement.

Si le plus souvent, se sont les femmes qui ont la responsabilité quotidienne de leur.s enfant.s c'est parce que les pères ne sollicitent pas la garde ou bien dans les cas où les enfants sont très jeunes, les jugent fixent la résidence au domicile  de la mère. 

On observe par ailleurs un recours plus fréquent à la garde alternée http://www.lexpress.fr/actualite/societe/famille-pourquoi-les-peres-divorces-obtiennent-ils-rarement-la-garde-des-enfants_1544655.html.

 

Pour en revenir à ma situation, j'ai de la chance d'avoir une Maman qui assure son rôle de grand-mère / un grand qui a choisi de vivre avec son père / et une petite dont le Papa endosse complètement son rôle malgré le fait que notre fille vive avec moi ...

 

Dans mon propos, je ne veux surtout pas exclure les personnes qui se retrouvent réellement seules et qui ne possèdent pas d'entourage proche pour s'aménager du temps personnel (éloignement géographique, brouille avec la famille ...).

 

Quoiqu'il vous en coûte pensez à vous ... à vos besoins ... exprimez-les c'est la meilleure façon d'être compris.e.s surtout dans cette société où la performance à tous les niveaux est requise !

 

J'entends souvent que les femmes d'aujourd'hui seraient moins courageuses comparées à leurs aînées, qui elles aussi devaient gérer vie familiale, vie maritale et parfois professionnelle de front sans mot dire.

 

La société a évolué et bien heureusement ! 

 

Cependant, ce qui conduit à un épuisement domestique c'est le niveau d'exigence très élevé qui pèse sur les mères et les parents qui doivent le plus souvent être aussi performant.e.s sur leur lieu de travail, qu'à la maison tout en renvoyant une image du parfait bonheur et d'une parfaite maîtrise sans pouvoir autant posséder les moyens nécessaires pour s'échapper de ces multiples obligations.

 

La question reste cependant ouverte : comment trouve t-on l'équilibre?

 

 

 

 

Images d'illustration : Carrie Mae Weems + Kaleb et Kordale

 

 

 

 

 

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